En bref :
- Le velours est une façon de tisser, pas une fibre : son poil coupé vient d’une chaîne supplémentaire (velours lisse) ou de la trame (velours côtelé), en soie, en viscose, en coton ou en polyester.
- Le velours côtelé se compte en côtes au pouce (2,54 cm) : de 1,5 à 21, 10 à 12 pour un côtelé standard, plus de 16 pour un milleraies, soit un peu plus de 6 côtes par centimètre.
- Un velours fluide (soie, viscose, panne, dévoré) va aux coupes qui bougent, nuisette en biais et portefeuille ; un velours qui a du corps (coton, côtelé) tient une robe droite, chasuble ou trapèze.
- La viscose classique se confie de préférence au nettoyage à sec, et un fer à un point sur l’étiquette signifie 110 °C au plus : sur le poil, on passe la vapeur à distance.
Pour une robe en velours, choisissez d’abord le velours, la coupe ensuite : le poids et la souplesse du tissu décident de ce que la robe peut faire. Un velours de soie ou de viscose tombe presque comme un liquide et réclame une coupe en biais, une nuisette ou une robe portefeuille. Un velours de coton ou un velours côtelé tient debout presque seul : il dessine une robe droite, une robe chasuble ou une ligne trapèze. Reste la longueur, mini, aux genoux ou midi, qui se règle sur l’occasion et sur les chaussures.
Les velours d’une robe et les coupes qui leur vont : le tableau
| Velours | Ce qui le définit | Fibres courantes | Tombé | Coupes de robe qui lui vont |
|---|---|---|---|---|
| Velours lisse | poil court et dense, issu d’une chaîne supplémentaire coupée | soie, viscose, coton, polyester | selon la fibre | toutes, selon la fibre |
| Velours côtelé | poil issu de la trame, en côtes verticales ; 1,5 à 21 côtes au pouce, 10 à 12 en standard | coton, coton et laine | tenu | droite, chasuble, robe chemise, trapèze |
| Milleraies | velours côtelé à côtes très fines, plus de 16 au pouce | coton | tenu, plus souple | robe chemise, robe droite |
| Velours dévoré | motif obtenu en dissolvant la fibre cellulosique d’un mélange | soie et viscose | fluide, transparent par endroits | nuisette, robe longue de soirée |
| Velours frappé (écrasé) | poil pressé dans plusieurs sens, ou tissu tordu mouillé : reflets irréguliers | selon le tissu | fluide | nuisette, portefeuille, trapèze souple |
| Panne de velours | poil couché dans un seul sens sous forte pression, très brillant | selon le tissu | fluide | nuisette, robe longue |
| Velours de soie | poil de soie, souvent mêlé de viscose ou de coton | soie, soie et viscose | très fluide | coupe en biais, nuisette, portefeuille |
| Velours de viscose | poil de viscose, plus doux que le coton | viscose | fluide | portefeuille, nuisette, midi évasée |
| Velours de coton | poil de coton, plus mat que la soie | coton | tenu | droite, trapèze, chasuble |
| Velours stretch | velours additionné d’un peu d’élasthanne | polyester ou viscose et élasthanne | près du corps | droite ajustée, fourreau, bustier |
Définitions et chiffres : encyclopédies Velvet, Corduroy, Devoré et Rayon. Tombé et coupes : repères de lecture, à confirmer sur la composition de la fiche produit.
Le velours, une façon de tisser avant d’être une matière
Sur les vêtements comme sur les tentures, le velours se reconnaît à son poil : des fils coupés, serrés, dressés sur une face du tissu. Pour l’obtenir, le métier tisse deux couches à la fois, reliées par une chaîne supplémentaire qui passe sur des tiges ; on sépare ensuite les deux couches en coupant ces fils, et chacune garde son poil (fiche encyclopédique Velvet). L’article Velours distingue ainsi le velours chaîne, ou velours coupé, dont le poil vient de la chaîne, et le velours trame, qui donne le velours côtelé. Le mot vient du latin villosus, « velu ».
La technique est ancienne. Le velours a été introduit à Bagdad sous le califat de Haroun al-Rachid (786 à 809). Au XIXe siècle, le double velours, tissé sur des métiers Jacquard à partir des années 1830, produit deux pièces d’un coup et divise son coût par deux.
Velours lisse ou velours côtelé : deux poils, deux allures
Le velours lisse porte un poil court réparti sur toute la surface. Il renvoie la lumière différemment selon le sens du poil : selon qu’il est coupé poil vers le haut ou poil vers le bas, il paraît plus brillant ou d’une couleur plus saturée. Sur une robe, tous les panneaux doivent donc être coupés dans le même sens, sinon le devant et le dos semblent de deux teintes. Les tons sombres, noir ou bordeaux, jouent beaucoup de cet effet.
Le velours côtelé se lit autrement. Son poil, issu de la trame, forme des côtes verticales séparées par un sillon. Leur nombre se compte au pouce, l’unité anglo-saxonne de 2,54 cm, et c’est le chiffre à chercher sur une fiche produit (Velours côtelé) :
| Nom courant | Côtes au pouce | Côtes par cm | Usages cités |
|---|---|---|---|
| Grosses côtes | à partir de 1,5 | à partir de 0,6 | pantalons, canapés |
| Côtelé standard | 10 à 12 (11 le plus souvent) | 3,9 à 4,7 | vêtements de tout type |
| Milleraies | plus de 16 | plus de 6,3 | hauts, chemises, robes |
| Côtes les plus fines | jusqu’à 21 | jusqu’à 8,3 | hauts, chemises, robes |
Côtes au pouce : encyclopédies Corduroy et Velours côtelé. Côtes par centimètre : conversion arrondie (1 pouce = 2,54 cm).
Plus le chiffre est bas, plus les côtes sont épaisses. Les encyclopédies réservent les grosses côtes aux pantalons et à l’ameublement, et les côtes moyennes à fines aux vêtements portés au-dessus de la taille. Pour une robe, qui couvre le buste, le milleraies, nom français du velours à côtes très fines, ou le côtelé standard sont les choix les plus courants. L’explication souvent donnée du mot anglais corduroy, « corde du roi », reste douteuse : son origine est inconnue.
Dévoré, frappé, panne : les velours à effet
Le velours dévoré part d’un mélange de deux familles de fibres, le plus souvent soie et viscose. On y imprime un gel à base d’hydrogénosulfate de sodium qui dissout la fibre cellulosique (viscose, coton) et épargne la fibre protéique (soie) : le poil disparaît par endroits et dessine un motif sur un fond presque transparent (fiche Devoré). Le procédé commercial a été mis au point à Lyon au tournant des XIXe et XXe siècles, puis s’est imposé dans les années 1920 sur les robes du soir et les châles. Une robe en velours dévoré se double ou se porte sur un fond de robe.
Le velours frappé, aussi appelé velours écrasé, a un poil pressé dans plusieurs sens, ou un tissu tordu encore mouillé. Ses reflets irréguliers ont un avantage pratique : les marques d’assise ou de pliage s’y voient à peine. Le velours gaufré, lui, reçoit son motif d’un rouleau métallique chauffé.
La panne de velours est un velours écrasé dont le poil est couché dans un seul sens sous une forte pression. Ce poil couché lui donne un aspect très lustré.
Velours de soie, de viscose, de coton : la fibre décide du tombé
À coupe identique, deux robes en velours peuvent tomber de façon opposée. La fibre fait la différence.
- Velours de soie : la fibre la plus chère. Un velours entièrement en soie est rare ; beaucoup de velours vendus comme « velours de soie » sont des mélanges avec de la viscose ou du coton. L’étiquette le dit.
- Velours de viscose : plus doux et plus riche que le coton, proche de la soie au toucher. La viscose est une cellulose régénérée, tirée surtout de la pâte de bois ; notre guide du tissu en viscose détaille sa fabrication et son comportement au lavage.
- Velours de coton : solide, plus mat, avec un poil plus ras. C’est le velours des robes de jour et de la plupart des velours côtelés.
- Polyester et microfibre : un velours léger, qui résiste aux taches. Les mélanges nylon et viscose donnent un toucher proche de la soie, à un prix plus accessible.
- Velours stretch : un velours additionné d’un faible pourcentage d’élasthanne, pour les robes ajustées et confortables à porter assis.
Quelle coupe de robe pour quel velours
La robe portefeuille
La robe portefeuille se ferme en croisant un pan sur l’autre, attaché sur le côté ou noué dans le dos, ce qui forme un col V (fiche Wrap dress). Sa version la plus connue, à manches longues et longueur genou, s’est imposée dans les années 1970, en jersey. En velours, elle demande un tissu fin et souple, viscose ou soie, car le croisé double l’épaisseur à la taille. Un velours frappé fonctionne bien : il ne marque pas les plis du nœud.
La robe droite
La robe droite descend des épaules à l’ourlet sans marquer la taille. Elle a besoin d’un velours qui tient sa forme : velours de coton, velours côtelé, milleraies pour une robe chemise boutonnée. En velours stretch, la même ligne devient un fourreau ajusté qui épouse la silhouette. La robe chasuble, sans manches, se porte par-dessus un haut ; sous un côtelé, un pull col roulé en maille fine prolonge la robe jusqu’au cou et garde la ligne nette.
La robe nuisette
La robe nuisette reprend la forme d’un jupon : bretelles fines et coupe dans le biais, c’est-à-dire en diagonale du droit fil, pour que le tissu suive le corps (fiche Slip dress). Elle s’est répandue dans les années 1990, dans la vague des sous-vêtements portés en vêtements, en mousseline et en satin. En velours, il lui faut un poil fluide : soie, viscose, panne ou dévoré. Un velours côtelé, trop raide pour le biais, la transforme en chasuble.
La robe trapèze
La robe trapèze est ajustée aux épaules puis s’évase jusqu’à l’ourlet. La ligne Trapèze présentée par Yves Saint Laurent au printemps 1958 a donné sa forme la plus nette à cette silhouette en A (fiche A-line). En velours, le trapèze a besoin de corps pour garder son évasé : velours de coton ou côtelé. Dans un velours fluide, l’ampleur retombe et la robe devient une robe évasée plus souple.
Mini, aux genoux ou midi : la longueur
Les noms de longueur se repèrent sur la jambe : au-dessus du genou, au genou, sous le genou, à mi-mollet (la robe midi), à la cheville, au sol (fiche Hemline). Ils ont bougé vite au XXe siècle : presque au sol en 1919, à mi-mollet en 1920, de retour à la cheville en 1923, au genou en 1927.
Une fiche produit donne la longueur en centimètres pour une seule taille, sa taille de référence. Pour savoir où l’ourlet tombera sur vous, mesurez avec un mètre ruban, du haut de l’épaule jusqu’à l’endroit voulu, et comparez avec la longueur totale indiquée. Si vous commandez sur un site étranger, notre correspondance des tailles femme évite de comparer avec la mauvaise colonne.
| Coupe | Velours qui lui vont | Longueurs courantes | Occasions |
|---|---|---|---|
| Portefeuille | viscose, soie, frappé | genoux, midi | bureau, dîner, mariage d’hiver |
| Droite | coton, côtelé, milleraies, stretch | mini, genoux | bureau, journée |
| Chasuble | côtelé, coton | mini, genoux | journée, sur un col roulé |
| Nuisette | soie, viscose, panne, dévoré | midi, longue | soirée, fêtes |
| Trapèze | coton, côtelé | mini, genoux | journée, sortie |
Repères de choix. Définitions des coupes : encyclopédies citées dans les sections ci-dessus.
Occasions : du bureau aux fêtes de fin d’année
Au bureau, une robe chemise en milleraies ou une robe portefeuille midi en viscose sombre se portent avec des bottines ou des escarpins. Sur une robe droite, une veste structurée ajoute une ligne d’épaule : notre guide de la coupe de blazer femme détaille les longueurs qui tombent juste sur une robe.
Pour une soirée ou les fêtes de fin d’année, le velours lisse de soie ou de viscose reprend l’avantage, en nuisette, en robe longue ou en velours dévoré. Une robe asymétrique, fendue ou drapée profite du tombé fluide ; une robe bustier a besoin d’un velours stretch qui tient sans glisser.
L’hiver, la longueur de la robe dicte celle du manteau : une robe midi qui dépasse sous un manteau court coupe la silhouette en deux. Avant de commander, vérifiez la longueur du manteau autant que sa largeur d’épaules, comme l’explique notre article sur la taille de manteau femme.
Notre avis : pour une première robe en velours, une robe portefeuille midi en velours de viscose noir ou bordeaux couvre le plus d’occasions, du bureau au réveillon.
Entretien d’une robe en velours
Le velours est difficile à nettoyer, à cause de son poil ; le nettoyage à sec moderne a beaucoup simplifié la question. La règle de départ reste l’étiquette, dont les symboles suivent la norme internationale ISO 3758, mise au point avec l’association européenne GINETEX (fiche Laundry symbol).
- Lisez la composition et les symboles. Un cercle marqué P ou F désigne le nettoyage à sec professionnel, un W le nettoyage à l’eau professionnel. Sous le baquet, un trait signifie une agitation moyenne, deux traits une agitation très faible.
- Velours de viscose : la viscose classique se confie de préférence au nettoyage à sec, car elle supporte mal l’eau (fiche Rayon).
- Velours côtelé ou velours de coton : si l’étiquette autorise la machine, lavez la robe retournée, en lavage à froid ou à 30 °C, essorage doux, sans sèche-linge.
- Séchez à l’air, suspendue sur un cintre large, en lissant le poil dans son sens avec la main.
- Défroissez sans écraser le poil. Un fer à un point correspond à 110 °C au plus, deux points à 150 °C. Ne posez jamais la semelle sur l’endroit : un défroisseur vapeur tenu à quelques centimètres redresse le poil, ou un repassage léger sur l’envers.
- Rangez la robe suspendue, avec de l’espace autour : un velours serré dans une penderie garde la marque des cintres voisins.
Un dernier repère, au moment d’acheter : posez la main à plat sur le tissu et faites-la glisser dans les deux sens. Si la teinte change sous vos doigts, tous les éléments de la robe doivent avoir été coupés dans le même sens.
